Spring is hate...

Le Parti des Geeks

Et pourquoi pas ? On compte pléthore de candidats, parfois à la limite du ridicule achevé ; certains n'ont aucune chance de peser dans le débat, certains n'ont aucun autre programme que "faire parler d'eux". Certains représentent une minorité tellement infinitésimale, tellement sous-microscopique, qu'elle flirte avec la physique quantique : candidat ? pas candidat ? non, les deux à la fois : dès lors qu'un observateur voudra bien se pencher sur son cas, on sera fixé : le spin sera positif ou négatif.

Alors, pourquoi ne pas tenter une candidature résolument geek ? Pourquoi ne pas introduire la culture internetesque des zéros et des uns dans une campagne présidentielle absolument submergée par une horde de trolls prêts à mettre le débat à feu et à sang.

Après tout... les geeks ont une longue expérience des trolls et autres flamewars. Après tout, les discussions auxquelles nous sommes constamment (et même quotidiennement) confrontés sur nos réseaux numériques ne sont pas si éloignés des spectacles affligeants que nous assène la classe politique depuis quelques mois. Et ça va empirer. Soupir. GROS SOUPIR.

Après tout... le numérique et le réseau Internet est partout, dans le travail, les médias, dans ta tévé dans ta voiture... Même ton téléphone est un ordinateur. Si le numérique est partout, pourquoi n'est-il pas politique ? Ne participe-t-il pas à la vie de la Cité ?

Donc, il est logique et légitime d'imaginer un parti des geeks. Il est logique et légitime de réclamer que ce parti ait un candidat à l'élection présidentielle. Tu me diras, "il y a déjà le parti pirate". Certes. Mais celui-ci a des objectifs bien différents de ceux que je propose. Car j'ai un programme - ah ! ah ! le parti des geeks a un "programme", quelle finesse.

Bien évidemment, ce programme est une ébauche. C'est même pour cela qu'il se présente sous la forme d'un dépôt Github que tout un chacun peut amender, corriger, forker, sublimer de nouvelles trouvailles, idées. Toi aussi, particpe à la grande aventure du parti Geek ! Aide-nous à renverser le vieux monde analogique et le supplanter par la vraie révolution numérique !

Fork. Commit. Push. Pull Request.

29 Fév. 2012 - 00:11, par Cyberj

Au moins y'a des commentaires dans ton blog pour pouvoir emettre des avis constructifs et débattre de ton idée.

Ça rox

29 Fév. 2012 - 07:52, par NiKo

L'idée de forker un programme politique est fabuleuse. Les pull-requests, les patchs, les releases, les milestones, les issues, la roadmap… Tout se prête à merveille à tel point qu'on se demande pourquoi le monde politique ne s'est pas accaparé ce type d'outil bien avant.

Oh wait.

29 Fév. 2012 - 09:27, par Laurent Claessens

Bien que je suppose que c'était de l'humour, je vais me permettre de répondre sérieusement à un point.

Je suis contre d'introduire ceci dans la déclaration universelle des droits de l'homme[1] :

«
Les Hommes ont droit à une connexion Internet décente, continue et fiable, leur permettant un accès libre et sans contrainte à l'information, l'éducation et la culture.
»

En effet, la déclaration se doit de donner des principes généraux, et des objectifs à atteindre. Non des moyens.

L'article 19 stipule déjà que
«
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
»

Il est déjà indiqué que : par quelque moyen d'expression que ce soit.

Protéger explicitement internet revient, en creux à dire qu'éventuellement une nouvelle technologie ne serait pas protégée. Or déjà avec la version actuelle de la déclaration, tous les moyens sont protégés, passés, présents et futurs.

Si vous me permettez une analogie dans un tout autre domaine, il est parfois demandé d'ajouter l'orientation sexuelle dans la liste des critères sur lesquels on ne peut pas discriminer (article 2 entre autres).
Or cela est une mauvaise idée. En effet l'article 2 interdit toute forme de discrimination sur quelque bases que ce soit. Il y a une petite liste, mais elle doit être comprise comme des exemples, et qui plus est, comme les exemples les plus frappants au moment de la rédaction. Mettre la liste à jour lorsque de nouvelles discriminations apparaissent reviendrait, en creux, à accepter que les motifs de discrimination non listés sont acceptés.


Je crois donc qu'il est une très mauvaise idée de mettre à jour la déclaration universelle des droits de l'homme pour tenir compte de telle ou telle technologie au goût du jour.

De plus, je me permets de citer l'introduction :
«
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.
»

Bon. Je crois qu'être informé minute par minute plutôt que jour par jour de ce qu'il se passe (c'est la différence entre l'info par internet ou par les journaux) n'est pas essentielle pour parler d' "actes de barbaries qui révoltent la conscience de l'humanité", ni de motif pour "se révolter en suprême recours contre la tyrannie et l'oppression".

Bref, l'internet doit être citée dans les lois, sans doutes dans les constitutions, mais pas dans la déclaration universelle des droits de l'homme, dont les principes sont doivent être plus généraux.





[1] http://www.un.org/fr/documents/udhr/

29 Fév. 2012 - 09:38, par No'

Merci Laurent Claessens pour cette éclairante précision... Il faudra voir donc dans quelle mesure l'accès au réseau des réseaux peut être renforcé par des moyens légaux.

29 Fév. 2012 - 09:39, par No'

cela dit, c'était bien une grosse couillonnade ; mais on peut faire sourire avec un peu de sérieux.


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