Spring is hate...

Deux Mille Cinq

En l'an 2003, le mot d'ordre était "oublier". Oublier 2002 et toutes ses mauvaises nouvelles.
En 2004, c'était "se positionner" (enfin, je crois. Ca devait être marqué dans le défunt forum de REH, mais les archives ont disparu).

Deux Mille Quatre fut l'année de mes trente ans. Elle fut plutôt mouvementée. Tantôt dans le bon, tantôt dans le moins bon. Parfois, en ligne droite, parfois en zig-zags. Mais quel que soit le moment que je pointe dans mon calendrier mental, je suis en mouvement.

L'inconvénient de ce mouvement perpétuel, c'est qu'il m'a quasiment renvoyé au même endroit qu'en début d'année dernière. La révolution sans révolution. Une révolution, par étymologie, c'est un tour complet, 360° autour du soleil et retour à la case départ.

C'est étrange comme on peut avancer sur place, comme on peut se donner l'illusion d'avoir progressé en douze mois.

  • J'ai ouvert un site (il va disparaître doucement, au fait, par une lente asphyxie), puis un blog (il va bien, merci).
  • Je me suis mis aux Quads, c'est vrai. Grand mouvement. J'en connais qui n'en sont toujours pas revenu(e)s.
  • J'ai eu un boulot, puis pas.
  • J'ai voyagé. Je sais, l'île de Ré, c'est pas ce qu'on peut appeler un voyage exceptionnel, mais je me rends compte que c'est le premier que j'effectue depuis au moins une dizaine d'années.
  • Je me suis remis à laisser pousser mes cheveux. Ca peut paraître insignifiant, encore, mais la longueur de ma tignasse relève d'une longue histoire avec moi-même.
  • J'ai fêté (deux fois) ma troisième décennie avec encore plus d'affection que tous mes autres anniversaires réunis.
  • Je suis passé à Linux. Fruit d'un lent processus, en passant de Mozilla à Firebird, de Yahoo!Messenger à Gaim, de WinXP à Ubuntu/Linux. Un bris de chaîne, un léger sentiment de liberté retrouvée.
  • Depuis Octobre, je travaille à mi-temps. Depuis Novembre, c'est un CDI. On espère le passer en temps plein. Bientôt ?
Et j'ai pris des claques. Une. Deux. Trois. Mille. Des coups au ventre, de violents accès de fièvre, des gerçures. Toujours aussi douloureux. Toujours aussi dur que de prendre en pleine face toutes ces épreuves, d'essayer de s'appuyer sur ses amis pour chercher du soutien, et se rendre compte que malgré toute leur bonne volonté, ils ne peuvent rien pour moi. Que ces douleurs sont indicibles, que ces désespoirs ne supportent pas le voyage d'un être à l'autre. Et la fin d'année, même si elle apparaît anodinement banale pour certains, même si à tes yeux elle ressemble à toutes les autres fins d'années, elle peut devenir une énorme machine à broyer, un pressoir implacable.

Mais malgré tous ces grands mouvements, le balancier est revenu, presque à la même place. Tout ça parce que, j'en ai bien peur, je n'ai rien construit de concret.

C'est ce qui me manque le plus, dans l'existence. Au moment de mon anniversaire, j'ai beaucoup discuté de ce fameux "cap de la trentaine" avec des amis. Ca revenait souvent, ce manque. Le changement de dizaine, j'vais te dire, j'en ai jamais rien eu à talquer... mais en refaisant le point sur les 10 dernières années, je me suis rendu compte à quel point toutes mes actions ont été vite effacées, éphémères, volatiles. Des contrats à durée déterminée... ou à durée indéterminée qui s'arrêtent peu après. Pas de copine. Pas d'enfant, pas de maison "à moi". L'appart a toujours l'air "juste installé", comme si j'avais jamais pris le temps de ranger quelque chose, comme si je me contentais de cet état "temporaire". Un temporaire qui va bientôt atteindre cinq ans (en mars).
Qu'est-ce que je laisse derrière moi ? Rien, ou presque. Des souvenirs, des textes épars, des programmes à terminer, des livres à lire. Y'a bien eu des moments, de bons moments. Mais rien n'est plus impalpable que le temps.
C'est rageant de ne pas pouvoir "attraper" son existence, comme on saisirait un objet. Tout ceci manque de concret, de solide.

Curieusement, entre copains, on s'est de plus en plus mis à parler sérieusement de s'installer, acheter, investir, se poser, se caser. Certaines de mes connaissances ont déjà franchi le pas, d'ailleurs, accédant à la propriété. Je crois que le moment pour moi est arrivé. Si j'avais su, je l'aurai fait plus tôt, mais on ne réécrit pas son passé.

Ouais. "Construire".
Voilà le mot de 2005.

4 Jan. 2005 - 01:20, par Play

Salut kNo' !

Bonne année 2005 à toi.

Joli billet. Les regrets c'est pas bon... Il faut toujours se tourner vers demain. Je suis un peu dans la même situation que toi. J'avais un boulot puis la boîte a coulé en fin d'année (t'as du bol d'avoir retrouvé un job rapidement). Je n'ai pas de copine mais c'est volontaire car vu ma situation actuelle, elle ne serait pas heureuse auprès de moi. J'ai eu quelques pépins d'ordre familial puis financier... Bref, année 2004 merdique. J'essaye de ne pas me retourner. Je regarde droit devant moi et crois en demain.

Je te souhaite de concrétiser ce dont tu souhaites. Que 2005 soit meilleure que 2004. Et d'ailleurs, je suis persuadé qu'elle sera meilleure. Si tu te le dis, que tu provoques les situations, que tu chasses les doutes et ne vis pas de regrets, ça ne peut être que positif.

Bye.

6 Jan. 2005 - 08:08, par Marc Z

Voir url...

12 Jan. 2005 - 20:03, par sinkrou

un autre mot plus court contenu dans ton "construire" : "sortir" ... de devant ton "nuce" (prononcez "ton n'UC") ... ben oui il fallait bien que je fasse quelquechose des lettres restantes

13 Jan. 2005 - 22:54, par sinkrou

tentative d'haïku

émouvant, poignant
à quoi bon un tel bilan
une perte de temps

cela dit quel style
l'avantage quand on est le maillon faible, c'est qu'on doit sortir !

22 Nov. 2005 - 00:55, par Mitternacht

>>Ouais. "Construire".
Voilà le mot de 2005.

Bien joué :)

22 Nov. 2005 - 18:22, par To@ne

Je crois que t'as réussi à concretiser ton existence, kNo'... Maintenant que tu l'as attrapée, je constate que tu t'es attaqué le plus sérieusement du monde à appliquer tes projets.
Et y a pas, t'as raison : de bonnes fondations sont toujours mère de durée dans une construction.

Pareil que Mit' : Bien joué.


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