Spring is hate...

La dictature des croyances

[via Ned Batchelder]
A lire, un très bien fait nonobstant très succint article sur l'homélie de Benoît XVI, qui a utilisé l'expression "dictature du relativisme".

Ce que le nouveau Pape exprime dans cette expression s'apparente à une image quelque peu hasardeuse. Il oppose la morale (absolue) à l'éthique de chacun (relative). Soit. Il est pape, en même temps, il aurait du mal à raconter que les enseignements de ses écritures puissent être remises en question par le libre-arbitre.
Le Pape est réputé infaillible (ça veut dire que tout ce qu'il dit, c'est vrai, qu'il n'y a rien à redire... même si par exemple il n'a été reconnu que la Terre était ronde qu'en 1976, si je me souviens bien), mais franchement, il peut lui arriver de dire des grosses conneries, quand même.

Mais c'est pas tellement ça qui me fait écrire ce que tu es en train de lire... Un sondage, publié par Rasmussen Reports, qui affirme que 63% (soixante-trois !) des américains sont persuadés que la Bible est à prendre au pied de la lettre.
Ouais... Ca fout les jetons.
Le sondage précise aussi que cette croyance est plus forte chez les Républicains que chez les Démocrates, mais ça y'avait pas besoin de commanditer une étude pour ça, c'est pas vraiment nouveau.

Comme je te disais une autre fois, quoi.

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Note :
[1] Pas de faute ici, c'est bien intentionnel

26 Avril 2005 - 15:57, par Zorglub

Quelques remarques en vrac.

- dicature du relativisme : c'est l'idée selon laquelle, puisque nous sommes en démocratie, toutes les opinions se valent et nul, quel que soit son niveau d'études..., ne peut se prévaloir de la moindre autorité sur quiconque; on comprend que le catholicisme fondé sur la notion d'obéissance ne puisse l'accepter mais ce relativisme sévit également dans les disciplines "laïques", où il me gave grave.

- morale / éthique : JP II avait développé cette distinction en opposant non pas l'absolu au relatif mais le commun au personnel; chacun sans doute peut définir ce qu'il estime être son devoir envers lui-même (éthique) mais les devoirs envers les autres (morale) ne peuvent être définis que de manière commune et le véritable respect des autres présuppose que l'on accepte de se plier à des valeurs que l'on n'a pas nécessairement contribué à établir.

- infaillibilité : énoncée pour la première fois en 1295, elle fut érigée en dogme lors du concile de Vatican I (1869-70) et signifie seulement que le pape juge en dernière instance et, qu'à l'intérieur de l'Eglise, aucune autorité supérieure ne peut établir l'illégitimité de ses décisions ou déclarations; on pourrait dire de la même manière que la Cour de Cassation, l'Assemblée Nationale, le suffrage universel ou un jury d'examen sont infaillibles dans leur domaine de compétence.

- américains : la majorité sont chrétiens mais protestants et la critique du relativisme s'adresse, ou du moins s'adressait lorsque Ratzinger n'était pas encore Benoît XVI, tout particulièrement au protestantisme.


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